• Le débat

    Petit Déjeuner Débat de la Sorbonne - Comment réconcilier l'entreprise et le social ?

    Débat organisé par les étudiants du M2 "Communication Politique et Sociale" de l'Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne

    Le débat a eu lieu le jeudi 10 juin 2010, au Palais d'Iéna, siège du Conseil Economique, Social et Environnemental, de 8h15 à 10h30

  • Le Thème du Débat

    Comment réconcilier l’entreprise et le social ?

    La crise, outil de management pour adapter la communication à l’entreprise de demain

    Ariel Ditchi - Loic Duchateau - Lauranne Favre - David Miele - Mathilde Renversade

    Loin de se cantonner au monde économique, la crise économique a eu un impact fort sur les sociétés, et les mentalités. Certes l'origine directe de la crise tient à une déréglementation financière excessive et un manque de contrôle, néanmoins, la crise a mis en lumière des tensions beaucoup plus profondes au sein de l'entreprise. C'est pourquoi elle est interprétée, non seulement, comme une crise financière, mais aussi comme une crise morale; une crise qui questionne le lien, la responsabilité de l'entreprise vis-à-vis de son environnement social.

    L'entreprise ne cherche-t-elle que son propre profit, au détriment de sa dimension et de son rôle social ? Comment parvenir à équilibrer préoccupations économiques et préoccupations sociales ?

    Le monde économique apparaît, pour beaucoup, un peu à l'image du monde politique, comme un monde de plus en plus autonome, coupé du reste des réalités sociales, soucieux de ses propres intérêts. Cette dérive a mis à mal la dimension symbolique de l'entreprise, et sa réputation.

    Les problématiques autour de la souffrance au travail, du stress, de la RSE et de la promotion de bonnes pratiques se posent désormais avec une acuité croissante. Les récents évènements chez France Telecom ou Pôle Emploi, où l'on dénombre plusieurs cas de suicide, avec parfois des tentatives sur le lieu de travail, sont révélateurs des tensions.

    Les techniques et outils de communication ont aussi participé de ce "malaise du salarié". En favorisant la déterritorialisation (travailler de chez soi, de sa voiture, dans les transports) et l'extra temporalité (le travail du soir ou en fin de semaine), les techniques d'information et de communication (en premier lieu, l'informatique) accélèrent la fragmentation de l'entreprise : celle-ci se morcelle en groupes et réseaux qui ne partagent plus le même temps, le même lieu ni la même culture de travail. Suivant l'âge, les diplômes, l'expérience et les usages, les formes d'appropriation contrastées des outils peuvent engendrer des discriminations et des marginalisations.

    S'est développée une situation paradoxale, où la communication produit de l'isolement et où la surinformation réduit la pertinence des échanges. Enfin, la généralisation des TIC dans les entreprises a également des conséquences sur la santé du travail. Impact physique sur les organismes lié à l'ergonomie du poste de travail, et surtout, impact psychologique (tension, stress, burn out...) dû à un rythme de travail en astreinte permanente.

    Comment réconcilier l'entreprise et le social ?

    Il semblerait donc que la communication soit un des rouages de cette crise : les entreprises sont ainsi accusées d'opacité, de management agressif, et de pratiques "douteuses". La communication, avec son cortège d'informations à flux tendu, participe à la propagation de rumeurs, entretenant un sentiment d'insécurité, voire de panique chez les individus.

    La communication est consubstantielle à la crise puisque l'essentiel d'une crise réside non dans sa réalité, mais dans sa perception. A la fois rouage de la crise, la communication est vite apparue comme un moyen d'y faire face et d'en sortir; la crise étant considérée comme le résultat d'un manque d'intégration d'une démarche de développement durable. Elle serait ainsi la conséquence d'une insuffisance dans la RSE et cette hypothèse serait valable aussi bien pour la crise organisationnelle que pour les crises structurelles.

    Dès lors, les entreprises lancent des enquêtes sur le bien-être de leurs salariés au travail, mettent en place des cellules d'écoute, de nouvelles techniques de management, redéfinissant leur communication sur le mode du qualitatif, vers une forme de communication sociale. La communication sociale se définit comme l'ensemble des actes de communication qui visent à modifier des représentations, des comportements, et à renforcer des solidarités. Informer sur les problèmes sociaux, faire des salariés des forces de propositions et de changement, transmettre des valeurs telles paraissent être les objectifs de la communication sociale menée par les entreprises. L'entreprise cherche à s'inscrire dans une démarche RSE.

    La communication, si elle se fonde sur le sens, sur l’intégration des individus dans le projet de l’entreprise, peut alors faire pencher la crise comme une vraie opportunité.

    Cependant cette démarche de l'entreprise vers plus de responsabilité sociale, n'est pas sans soulever quelques questions. Certes la RSE peut être un facteur de cohésion interne mais les entreprises sont-elles dans une communication de vérité ou dans une communication de l'image ?

    Certaines dérives ont pu être constatées. C'est le cas notamment lorsque l'écologie est utilisée uniquement comme une stratégie visant à augmenter le capital-image de l'entreprise (greenwashing) . Autre problème : selon une étude de Mohr Webb et Harris, une entreprise qui communique sur ses engagements sociaux attire l'attention sur ses activités et est plus critiquée et surveillée qu'une autre. Il est donc possible qu'elle traverse la crise plus difficilement car si elle est accusée à tort ou à raison de comportements non citoyens, elle crée une déception d'autant plus forte que les individus avaient confiance en elle.

  • Plan d'accès

    Adresse du lieu de l'événement

    9, Place Iéna 75016 PARIS France

    Itinéraire:

    Métro Iéna : Ligne 9

     

    Contacts :

    Ariel Ditchi - 06 59 34 40 94

    David Miele - 06 20 32 28 27

    Mail : entreprise.social@gmail.com

     

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Informations

  • Liste des intervenants

    Débat animé par Valérie Lecasble, vice-présidente de TBWA Corporate.

    Interviendront :

    Muriel Humbertjean, directrice générale adjointe de l'institut TNS-Sofres.

    Didier Heiderich, président de l'Observatoire International des Crises (OIC) . Il est également consultant et formateur en communication sensible. Directeur de publication du Magazine de la communication de crise et sensible (www.communication-sensible.com), il a pour vocation d’accompagner les stratégies et opérations de communication face aux mutations.

    - Lysiane Soubeyrand, directrice de la communication et des relations institutionnelles de Pôle Emploi.

    - Yves-Marie Dalibard, directeur de la communication du groupe Total. Il était auparavant directeur-adjoint de la communication et de la publicité et directeur de la qualité de BNP Paribas.

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Organisateur de cet événement: Ariel Ditchi
conférence - organisation d'événements en ligne avec billetterie d'amiando

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